Nationalisme corse, un populisme comme les autres.

Une fois de plus le préfet Pascal Lelarge vient d’être raillé sur les réseaux sociaux par un éminent responsable politique nationaliste.

Cette énième attaque ne doit rien au hasard, elle s’inscrit dans la stratégie populiste de cette mouvance politique. S’en prendre à l’État et ceux qui le représentent procède de la même logique que les attaques systématiques de Matteo Salvini, Viktor Orban ou Marine Le Pen contre l’Europe. Il s’agit de mettre en cause des institutions supposées bureaucratiques et éloignées du peuple, pour attiser les rancœurs et masquer ses propres carences.
Et puis, il y a les attaques contre les personnes, cette arme essentielle des populistes partout dans le monde. La technique est rodée : on les moque, on tente de les ridiculiser, puis on les offre en pâture aux réseaux sociaux pour saper définitivement leur crédibilité.

Ce manque de respect n’est pas anodin, il est grave et délibéré.

Les populistes comme leur nom l’indique se présentent comme les défenseurs du peuple mais en réalité ils cultivent les fractures de la société, en appuyant là où ça fait mal : les peurs et les haines. C’est ce qu’a parfaitement réussi Donald Trump en attisant la haine de l’américain blanc, menacé de déclassement, contre toutes les autres composantes de la société américaine. Il a tellement bien réussi que l’on peut se demander si les USA se remettront de sitôt de ces profondes divisions.
Chez nous, le « vrai » peuple Corse se moque donc du préfet Lelarge, déteste la France et, bien sûr, abhorre le drapeau Français. Les autres composantes de la société sont soit des étrangers, soit des vendus : le clan.

Une belle communauté de destin donc !

C’est là que se trouve la véritable victoire « culturelle » de la mouvance nationaliste, celle qui a précédé sa victoire politique ; dans sa capacité à dire qui étaient les « bons » et les « mauvais » Corses, en flattant les premiers et en jetant l’opprobre sur les seconds.

Mais ne croyez pas que la Corse soit une exception. Partout les populismes identitaires gagnent du terrain avec les mêmes formules politiques et les mêmes conséquences pour l’idéal universaliste et la cohésion de la société. C’est un combat difficile qu’il faut donc mener ici comme ailleurs en commençant par nommer les choses par leur véritable nom.

Dire que le nationalisme corse est un populisme comme les autres, c’est une manière de commencer ce combat.

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