CAB : les débats politiques ne doivent pas occulter les véritables enjeux.

Vendredi dernier se sont tenus les premiers débats financiers de la nouvelle mandature à la Communauté d’Agglomération de Bastia et le moins que l’on puisse dire est que les véritables problèmes n’ont pas été abordés.
Après avoir freiné volontairement l’institution pendant la dernière mandature, la majorité municipale Bastiaise donne le sentiment qu’elle s’accommoderait bien d’une gestion à minima. Non sans avoir, au passage, fait main basse sur les vice-présidences en humiliant, une seconde fois, les habitants de ville-di-Pietrabugno dont la représentativité à été réduite à la portion congrue.

Pourtant, avec la place prépondérante qui est la sienne, Bastia se doit de porter, ou à tout le moins d’impulser, une véritable stratégie dont la ville centre serait d’ailleurs la première bénéficiaire.

Or, on a eu droit à des échanges de deuxième ordre, sur une supposée inflation des embauches et l’éventualité d’une hausse de la fiscalité des ordures ménagères.
En tout premier lieu, je veux revenir sur la prétendue « inflation » des frais de personnel pour affirmer qu’il y a bien une hausse des frais de personnel, mais elle est totalement maîtrisée et assumée. J’ajoute qu’elle doit se poursuivre. Les services n’étaient absolument pas structurés et étoffés pour assumer les nombreuses compétences qui lui ont été transférées au cours de la décennie : gestion des déchets, développement économique, aménagement de l’espace, SCOT, tourisme, habitat, gestion des risques d’inondation, pollutions, énergie, numérique, …
Autant de compétences qui se sont rajoutées à celles antérieures : sport, eau et assainissement, transports en commun et fourrière animale.

C’est donc en toute responsabilité qu’il fallait procéder à ces recrutements. Et la majorité communautaire, qui à ma connaissance n’a pas changé en 2020, devrait l’admettre car elle a validé toutes les créations de postes ; les délibérations du conseil communautaire et du bureau en attestent.
Quant au problème des faibles ressources financières de l’institution, il ne peut être réduit à une hypothétique hausse de la fiscalité des ordures ménagères.

Pour positionner le curseur au bon niveau, il faut s’interroger sur la nature et l’étendue des problématiques qui nécessiteront une action politique à l’échelle intercommunale au cours les 20 ans à venir.

Qu’il s’agisse des transports et plus largement des déplacements, de l’aménagement du territoire avec les questions de l’étalement urbain et de la préservation des espaces naturels, du développement économique avec les infrastructures, notamment portuaires, du tourisme, du logement, des équipements sportifs, culturels ou encore de la gestion des déchets, aucune de ces questions ne sera solutionnée sans un outil intercommunal puissant. Puissant au niveau administratif et financier autant que politique. Ce qui suppose que l’influence de cet outil recouvre le bassin de vie réel comme c’est le cas pour la CAPA par exemple.

Dès lors, deux actions s’imposent :
– le rééquilibrage des finances de la CAB
– la jonction avec les autres intercommunalités du bassin de vie.
L’une ne va pas sans l’autre car sans un assainissement préalable des finances personne n’accepterait un mariage.

Si je me suis opposé à la fusion entre la CAB et la Marana en 2015 c’est parce qu’elle n’était pensée que comme une simple manœuvre politicienne destinée débarquer le président de la CAB alors que les enjeux pour notre territoire exigeaient bien d’autres motivations. S’il restait quelques doutes sur la volonté réelle des maires, Louis Pozzo di BORGO a clarifié les choses dans les colonnes de Corse Matin du 23 juillet en indiquant que le mandat sera finalement consacré à … la création de passerelles avec les autres communes, la fusion éventuelle étant déjà reprogrammée au prochain mandat.

En sera-t-il de même pour les finances ? Va-t-on à nouveau renvoyer à plus tard l’indispensable révision du pacte bancal qui est aujourd’hui en vigueur ?

Un pacte fiscal qui a gravé dans le marbre un véritable hold-up par lequel la CAB est ponctionnée indûment par les communes chaque année de 1,5 M€ à 2 M€ selon l’analyse du cabinet Klopfer (2015).
C’est une situation totalement incongrue qui permet surtout à la ville de Bastia de bénéficier de fonds pour financer des compétences qu’elle n’exerce plus.
Si encore elle en avait profité pour investir sans augmenter la pression fiscale ? Mais, il n’en est rien. La majorité municipale a préféré laisser filer les dépenses, notamment les frais de personnel, à tel point qu’en dépit de cette manne venant de la CAB, elle est obligée de continuer à augmenter la ponction fiscale pour équilibrer ses comptes. On le voit avec la scandaleuse hausse de la tarification des parcs de stationnement qui est à l’ordre du jour ce 31 juillet.
Nous sommes donc très éloignés d’une gestion rigoureuse, qui seule permettrait de redonner de l’élan à l’outil intercommunal.

Le retour en arrière est possible mais il est toujours difficile en matière gestion publique, cela demande de l’ambition, de la volonté et du courage. Des valeurs que l’actuelle majorité a ignorées jusqu’à présent.

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